Pour agir vraiment au Burkina-Faso (Ouagadougou), Enfants du Monde s’appuie notamment sur un allié indispensable : l’IDSF-B, une équipe locale solide qui transforme chaque engagement en action concrète.
Quand on lit « IDSF-B », on imagine facilement une structure compliquée, avec un nom difficile à retenir. Pourtant, derrière ces quatre lettres se cache une équipe simple, chaleureuse, et profondément engagée auprès des enfants et des familles les plus fragiles de Ouagadougou.
L’asbl « Initiatives Développons Sans Frontières – Burkina » est une association qui écoute, qui accompagne et qui agit. Elle a été créée par des citoyens burkinabè convaincus que le développement d’un pays ne se décrète pas seulement « d’en haut », mais se construit ensemble, pas à pas. Leur philosophie tient dans un proverbe africain qu’ils aiment citer :
« Si tu as quelqu’un pour te laver le dos, profite pour bien laver ton ventre. »
Autrement dit : chacun a un rôle à jouer, et c’est en unissant les forces que les progrès deviennent possibles.
L’IDSF-B agit pour améliorer la vie des familles les plus démunies, avec un accent tout particulier sur les enfants et les femmes : éducation, santé, accompagnement social, accès à l’eau ou à l’énergie, formation… Enfants du Monde travaille de longue date avec l’arrondissement 3 de Ouagadougou.
Les liens créés depuis 2008 avec Boukaré Tondé ont entraîné la création de l’association, dont il est président. Depuis 2021, elle est le partenaire local d’Enfants du Monde Belgique, et ensemble, les deux équipes – celle de Belgique et « la Team IDSF-B » sur place – portent un projet commun, celui de scolariser des orphelins et des enfants vulnérables, et soutenir les familles dans les moments difficiles.
Grâce à ce partenariat, 135 enfants sont soutenus (2024-2025-2026). Concrètement, cela signifie que les enfants reçoivent des bourses scolaires couvrant les frais d’école, un kit alimentaire de Noël, vital pour de nombreuses familles et qu’ils font l’objet d’un suivi scolaire régulier, pour encourager la réussite et comprendre les difficultés.
L’équipe assure aussi un accompagnement social lors des moments critiques (maladie, abandon scolaire, problèmes familiaux) et des actions ciblées (puits, vélos, petits travaux d’habitat, kits solaires pour étudier le soir).
Comme vous le voyez, ces actions ne sont pas seulement administratives : elles reposent sur une présence humaine, constante, et c’est là que l’IDSF-B révèle toute sa force. Les samedis, l’IDSF-B assure un guichet social. Au siège de l’association, parents, tuteurs, grands-parents arrivent l’un après l’autre. On écoute, on conseille, on relève les situations urgentes, on cherche des solutions. Rien de théorique – c’est du terrain pur.
Du cahier de permanence
Permanence dans les locaux de l’IDSF-B, les mercredis après-midi et les samedis matin. Ces quelques lignes extraitent du cahier de permanence suffisent à saisir l’ampleur du travail.
26 juillet : on est entre « coups de pouce » et « urgences familiales ». La grand-mère de Kader vient demander de l’aide pour avoir l’électricité pour son enfant. On note le nouveau numéro car sa puce téléphonique est « gâtée ». Marie Prisca K., qui a échoué à l’école, reçoit un kit de couture pour pouvoir se former et gagner sa vie. Une manière de lui redonner une direction.
5 août : deux enfants signalés, une réussite félicitée. Une famille vient signaler deux enfants en difficulté. La grand-mère de Boris, orphelin de père, laisse ses coordonnées : il vit avec elle dans une grande précarité. Béatrice R., qui vient d’obtenir sa licence en géographie, reçoit son kit alimentaire de Noël en guise de félicitations. On décide aussi de rencontrer la maman de Némata, exclue pour manque de travail, afin de comprendre ce qui se passe.
20 août : la visite des “non-lotis”. L’équipe se déplace en moto dans les quartiers non lotis, ces bidonvilles de Ouagadougou où vivent plusieurs enfants parrainés. Objectif : vérifier leur présence à l’école, comprendre les difficultés, garder le lien.
24 septembre : histoire familiale et survie. On prend des nouvelles d’Abdoul Rachid, orphelin vivant dans la « grande famille » depuis le décès de sa grand-mère[1]. Il vit toujours dans la cour de la « grande famille », il a une petite sœur niveau scolaire 3ème faisant un secrétariat public après l’abandon de l’école et une 2ème petite sœur Bibata qui a obtenu son CEP (Certificat d’Etudes Primaires). Suit une description de la manière d’atteindre sa case.t.
5 octobre : jour des retardataires, des coups durs et du soutien immédiat. Clarisse a changé d’école et de localité. Emmanuel reçoit un kit alimentaire indispensable. Kadidiatou reçoit la 1ère tranche de sa bourse et un tableau noir, pour étudier. Bintou reçoit aussi la 1ère tranche de sa bourse.
[1] la « grande famille », au Burkina-Faso, c’est tout le réseau de proches, voisins et membres du même lignage qui forment une communauté solidaire bien au-delà du premier cercle familial.
La permanence n’est pas seulement matérielle : elle est aussi un lieu d’orientation. Balguissa, qui rêvait de journalisme mais n’en a pas les moyens, est réorientée vers des études de droit. Elle demande une aide pour le programme « un étudiant, un ordinateur ». Elle suit aussi des cours d’informatique.
Et quand « ça déraille », l’équipe essaie de maintenir le dialogue. Par exemple, lorsque la famille de Hamed S. vient pour le reliquat de la bourse. Il a falsifié son bulletin. L’association discute avec lui, explique, recadre et décide de le maintenir « en sursis » à condition qu’il change réellement son comportement.
Ce que montrent ces permanences, c’est que l’IDSF-B n’est pas seulement un distributeur de bourses ou de kits alimentaires. C’est un espace d’écoute, un réseau de solidarité, un repère pour les familles. Chaque dossier est une histoire humaine. Chaque samedi, l’équipe se transforme en assistante sociale, en conseillère d’orientation, en médiatrice scolaire, parfois simplement en présence réconfortante.
Réalisations de projets ...
En plus des permanences et du travail éducatif, l’équipe porte aussi avec l’appui d’Enfants du Monde des projets très pratiques qui changent directement le quotidien des enfants, comme l’installation de panneaux solaires pour que les élèves puissent étudier le soir, la fabrication de tableaux noirs pour l’étude, la réalisation d’un forage dans un quartier dépourvu d’eau…
Les tableaux sur trépied pour pouvoir s’entrainer et réviser à la « maison ».
Ces actions demandent du temps, de l’énergie et une vraie disponibilité. Et pourtant, il faut rappeler que ces responsables, tout comme en Belgique, sont bénévoles : ils ont un métier, une famille, des responsabilités comme tout le monde.
Malgré cela, ils trouvent le courage de consacrer leurs soirées, leurs déplacements et souvent même leurs samedis aux enfants qu’ils suivent. Leur engagement silencieux est l’un des moteurs les plus puissants du projet.
Ce travail patient, humble et régulier, c’est ce qui permet au partenariat EDM–IDSF-B de faire réellement progresser la scolarisation et la vie quotidienne de tant d’enfants.











