Comme chaque année, ce 23 décembre, à l’approche de Noël, c’était un moment particulier pour la Maison 225 (Sig-Noghin). Les enfants et leurs familles se sont rassemblés pour revecoir un kit alimentaire composé d’un sac de riz de 25kg, un sachet de 5kg de pâtes (macaroni) et un bidon d’huile de 5 litres.  Des aliments simples mais essentiels, offerts par nos parrains. Des produits du quotidien permettant de préparer les repas de base et de fournir pour un temps la nourriture nécessaire.

Ce geste, symbole de partage et de solidarité, reste aussi au centre d’une réalité burkinabè et, plus largement, des pays du Sahel : l’alimentation reste un enjeu vital.

 

La joie était perceptible sur les visages, car de mémoire c’est la toute première fois que les kits alimentaires sont bien garnis. 
Les bénéficiaires vous traduisent leurs sincères reconnaissances pour ce geste si noble et plein de sens.

 

Au Burkina Faso, l’alimentation repose surtout sur les céréales locales (mil, sorgho, maïs et parfois riz) qui constituent la base du repas, souvent sous la forme d’un plat unique accompagné d’une sauce, une manière de s’alimenter transmise de génération en génération.

Les céréales représentent environ les deux tiers de l’alimentation quotidienne. Elles sont complétées par des légumes locaux, des légumineuses (comme le niébé ou pois de terre), des graines oléagineuses (arachide, sésame) et, en plus petite quantité, par des produits animaux (poisson, œufs, volaille ou viande) souvent réservés aux fêtes.

Cette cuisine simple et nourrissante se base sur des produits locaux. Le soumbala, tiré de graines de néré fermentées, sert de « cube de bouillon ». Les plats mijotent longtemps. On mange ensemble, partageant la nourriture autour d’un même plat.

 

Le Burkina-Faso produit l’essentiel de ce qu’il consomme. L’agriculture familiale, pratiquée par des centaines de milliers de petites « fermes », nourrit la majorité de la population. Mais les difficultés sont là, liées à la pauvreté, aux déplacements de population dus à l’insécurité, au dérèglement climatique, à l’accès limité aux marchés, ainsi qu’au manque d’informations nutritionnelles. Avoir de la nourriture ne suffit pas toujours : il faut savoir comment la préparer, la diversifier et l’adapter aux besoins des plus petits. C’est pour cela que la malnutrition infantile reste bien présente, emportant chaque année des milliers d’enfants de moins de cinq ans.

 

C’est ici qu’intervient un travail de fond, souvent discret, mais déterminant.
Dans le nord du Burkina-Faso, une femme incarne parfaitement ce combat : Alice Nikiéma, une ancienne filleule d’Enfants du Monde, aujourd’hui médecin. Son parcours est une fierté pour toute l’association. Mais surtout, son engagement concret fait la différence sur le terrain. Elle cherche à améliorer l’alimentation des enfants, en sensibilisant les femmes à l’importance d’une nutrition équilibrée, en valorisant les produits locaux et en soutenant des solutions adaptées aux réalités du terrain via l’ACM 373 – Songtaaba. 

 

Son approche est simple : « Il vaut mieux prévenir que guérir », agir avant que les enfants ne souffrent de malnutrition, un mal qui fragilise leur développement, affaiblit leurs défenses immunitaires, compromet leur avenir scolaire… et laisse des traces indélébiles.

Face à ce défi, le Burkina-Faso mise sur la production de farines infantiles fortifiées, fabriquées localement à partir de céréales nationales, adaptées aux besoins nutritionnels des jeunes enfants. Le goût des bouillies et la facilité de préparation pour les mamans jouent un rôle clé. Car dans les familles, ce sont surtout ces dernières qui portent la responsabilité de l’alimentation. Lorsqu’elles sont informées, comme lors de la campagne d’Alice Nikiéma, les effets positifs se font rapidement sentir sur toute la famille.

Voilà pourquoi les actions menées par Enfants du Monde, qu’il s’agisse de soutien alimentaire ponctuel, de sensibilisation ou d’accompagnement à long terme, quel que soit le pays, ont un impact bien au-delà du repas fourni. Nous aidons à construire l’avenir des enfants. La distribution alimentaire de Noël à Sig-Noghin s’inscrit dans le cadre d’une alimentation digne, répondant aux besoins de base. C’est aussi le cas quand nous aidons à alimenter des enfants en Haïti, à Madagascar, à Uvira (Congo), au Sri-Lanka ou ailleurs. Chez Enfants du Monde, nous savons que bien nourrir un enfant, c’est lui donner la force d’apprendre, de grandir et d’espérer.